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Les protestants des 13e et 5e arrondissements de Paris. Temple de Port-Royal (cultes tous les dimanches 10H30) & La Maison Fraternelle (cultes tous les dimanches à 18H30 (hors vacances)


UNE COLOMBE QUI REVIENT DE LOIN Prédication du 15 janvier 2017 - JEAN 1, 29-34



LECTURES 

JEAN 1, 29-34

29 Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit: Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. 30 C'est celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi. 31 Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau. 32 Jean rendit ce témoignage: J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui. 33 Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit. 34 Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu.

 

PRÉDICATION

 

J'AI VU L'ESPRIT DESCENDRE DU CIEL COMME UNE COLOMBE ET S'ARRÊTER SUR LUI.

 

Cette colombe vient de loin. Elle remonte au déluge.

Les pluies ayant cessé, Noé la lance une première fois, pour tester si les eaux ont enfin baissé.

Elle part, elle revient. Bredouille, en quelque sorte. Noé la recueille. Et puis, il la lance de nouveau. Elle repart. Et elle revient encore. Mais, cette fois, elle rapporte une rameau d'olivier. Noé considère que ce rameau est un témoignage de la terre ferme. Un signe de la terre ferme. Certes, pas une preuve de la terre ferme. Mais simplement un signe, pour lequel il faut quand même croire un peu, avoir confiance, un peu, déjà, avant de saisir ce qu'il signifie.

Et puis Noé la lance une troisième fois, mais cette fois-ci elle ne revient pas.

Cette colombe vient de loin. Mais on pourrait aussi dire qu'elle revient de loin. La colombe est aussi un animal qui sert au sacrifice. Dans la Bible elle est à rapprocher de l’agneau par sa blancheur, symbole de pureté, mais comme elle n’est pas chère, elle devient l’offrande des pauvres. Voici l'agneau de Dieu, dit Jean le baptiste. J'ai vu le Saint Esprit descendre sur lui comme une colombe. Deux animaux de sacrifices rituels au Temple de Jérusalem.

Cette colombe qui avait effectué, pour Noé et l'humanité un troisième voyage mais celui ci sans retour, cette colombe qui avait été maintes et maintes fois sacrifiée au Temple de Jérusalem par des pauvres gens obligés d'obéir aux prescription rituelles, cette colombe - semble, je dis bien semble - il faut croire pour le voir - semble être, comme - et je dis bien comme comme le texte dit comme. semble être comme revenue vivante.

La terre ferme elle l'a trouvée et c'est la tête de Jésus qui sort de l'eau.

Sa vie de sacrifice est terminée et même si celui sur la tête duquel elle se pose, on voudra- encore- en faire un sacrifié, ce sacrifice -là ne sera pas accepté, et lui aussi reviendra vivant !

Manifestement c'est par la voie symbolique qu'il nous faut d'abord interpréter ce texte. Et nous sommes bien dans un texte de Jean.
Cette colombe de Noé qui fait 3 voyages, deux allers retours, et un aller sans retour, semble déjà être revenue pour redescendre sur celui qui va bientôt sortir des eaux du baptême et donc retrouver la terre ferme de la rive du Jourdain, et celui ci et qui va représenter le salut comme l'arche qui embarque et qui accoste représentait le salut.
Cette colombe avant de disparaitre définitivement avait laissé un signe. Ce rameau d'olivier. Noé a interprété ce signe et son espoir a rené. Lui, et son humanité embarquée n'était donc pas condamnée à tanguer, à flotter, dangereusement et éternellement. Ce signe c'était que : La terre ferme est proche.

De même, ce Jésus qui se fait baptiser. Avant de disparaitre définitivement aux yeux de ses disciples, laissera, pour ceux qui ont les yeux ouverts, pour les oreilles attentives de certains : des signes, pour lesquels il faudra avoir un peu de confiance - de foi - pour s'apercevoir qu'ils ouvrent un monde nouveau, qu'ils donnent une nouvelle espérance, telle que celle qui permet de plus croire que nous sommes condamnés à flotter, et à tanguer dangereusement dans des eaux incertaines !

Ces signes, ces paroles, ces effets de changements, il faudra s'en saisir, comme Noé a saisi la branche d'olivier.

En effet, Noé, il aurait pu penser que ce rameau était d'avant le déluge- certes bien conservé . Ainsi, il n'aurait pas eu foi en la terre ferme. Peut être que les eaux auraient baissé. Peut être que l'arche se serait finalement posée sur le sol. Mais lui il serait peut être mort de chagrin avant.

Mais non, frères et soeurs, il a cru, comme nous, peut-être, nous devons croire, c'est à dire nous emplir de confiance pour voir dans les signes laissés, remis, déposés sur l'itinéraire du Christ, l'arrivée de la terre ferme.

Cet esprit comme une colombe qui descend sur Jésus, qui est dès lors, baptisé de l'Esprit saint, rempli du souffle de Dieu, plongé dans le souffle de Dieu, est aussi comme une colombe qui va être sacrifiée - pour des raisons tristes, des combines, du laisser aller, de la vengeance, de la jalousie, des tristes raisons, et ce sacrifice - sacrifice humain s'entend, habitude humaine qui consiste à sacrifier quelqu'un pour retrouver la paix . Cette colombe, cet esprit qui a trouvé la personne de Jésus, va être, avec Jésus, sacrifiée, c'est à dire qu'elle va mourir. Et même qu'elle est morte.

Et là encore, les disciples auraient pu penser que bien oui, il est mort.

Mais comme Noé qui ne voyant pas la colombe revenir vers lui a d'abord cru qu'elle a retrouvé la terre ferme pour poser ses pattes la même foi a rapidement subverti la tristesse liée à la mort de Jésus et cette subversion a été appelée la résurrection.

Ce texte de l'évangile nous parle de cette colombe qui ne disparait pas, qui revient, qui ne meurt pas par la loi du sacrifice, qui encore une fois, prend son envol, ce témoignage de Jean sur celui qu'il baptise raconte l'espoir qui ne meurt jamais, raconte tout l'évangile du début à la fin et c'est donc encore une fois un récit prodigieux et concentré.

La question que je voudrais maintenant poser est grave. Au fond, n'avons nous pas l'impression que cette colombe de Noé quand elle partie une troisième fois et qu'elle n'est pas revenue, en fait, s'était simplement noyée ! N'est ce pas encore que nous tanguons dans notre embarcation, que nous glissons encore et que les eaux nous environnent encore et que cette terre ferme nous n'y posons jamais les pieds ?

Au fond, ce Jésus, que des humains ont sacrifié par leurs passions tristes, n'ont il pas eu raison de lui ? Les signes qu'il a laissés, finalement ont ils été reçus ? Les avons nous reçus ? Avons-nous encore l'espoir d'une terre ferme quelconque ?

Et cet esprit qui un jour est descendu sur celui qui est pour nous- qui est appelé traditionnellement le chef de l'Eglise, la tête de cette Eglise que nous sommes,

A t il été relevé ? Il a été laissé pour mort. N'est il pas mort ? n'est il pas finalement et définitivement pas reparti ?

Nous a t il quitté. L'esprit de Dieu s'est il ré envolé ? Avons nous été débaptisé de l'Esprit ?Y a t il encore du souffle en nous ? Croyons nous encore pour faire de ces signes, de ces paroles, des actes qui redonnent l'espoir.

Avons nous saisi ce rameau d'olivier comme Noé l' a saisi ? Est ce que nous le saisissons ? Parfois je doute, je doute pour moi, pour mon Eglise de Port royal quartier latin, pour l’Église protestante unie de France, pour l’Église tout court, et finalement, je doute pour toute l'humanité, que je pourrais avoir tendance à voir comme cette arche de Noé qui attend que les eaux baissent enfin pendant que le temps passe, pendant l'absence définitive et sans signification de la colombe.

Mais aussitôt je me relève, car je ne suis pas là pour douter, je ne suis pas là pour douter et vous non plus frères et soeurs, vous n'êtes pas là pour douter, vous êtes là pour vous donner et pour donner de l'espoir. Nous sommes là pour saisir enfin ce rameau, pour voir l'esprit comme cette colombe descendre sur Jésus au moment de son baptême.

Ce que je pense c'est que ce rameau, nous ne l'avons pas totalement saisi. Ce que je pense aussi c'est que cet Esprit nous ne l'avons pas totalement perdu.

Mais désormais il faut considérer que notre responsabilité de frères et soeurs , en Eglise , protestante, est de demander franchement d'être baptisé du même Esprit que celui qui est descendu à ce moment donné vers les eaux du Jourdain. Afin que nous puissions déjà nous mêmes être non seulement capables d'apercevoir la Terre Ferme , mais aussi pour que nous puissions la désigner à nos contemporains.

Le message est simple. Nous avons un rameau d'olivier qui nous fait signe de la terre ferme, et nous ne savons pas quoi en faire. Apprenons à interpréter. Devenons ce que nous sommes censés êtres, des disciples de Jésus de Nazareth.

Nous avons sacrifié tellement de colombes, certes. Mais il semble qu'elles ressuscitent à chaque fois. Ce n'est donc plus le temps du sacrifice et des passions tristes. Ce n'est plus le temps des passions tristes. Rejoignons notre colombe sur la terre ferme. Rejoignons notre Christ sur la terre ferme après qu'il a été baptisé.

Oui, demandons et recevons l'esprit de Dieu. Pour que cette sensation de la terre ferme, elle vive pleinement en nous. Pas la peine d'attendre le paradis. La terre ferme nous y sommes déjà. Ouvrons les yeux, comme Noé sur l'horizon, comme jean le baptiseur sur son Jésus. AMEN

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