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Les protestants des 13e et 5e arrondissements de Paris. Temple de Port Royal & Maison Fraternelle

CULTE DU 16 OCTOBRE 2022

Celui donné le soir à la Maison Fraternelle



Portrait of Dolores Hoyos Hermenegildo Bustos
Portrait of Dolores Hoyos Hermenegildo Bustos
predication_16_oxt__19_10_2022_13_08.mp3 prédication 16 oct...  (31.48 Mo)

COR ET PIANO

_Romance_ de Camille Saint-Saëns

 

SALUTATION ANNONCE DE LA GRÂCE

Notre espérance est en Dieu

Sa parole plantée dans notre coeur,

Nos yeux rivés sur la beauté du chemin qu’il éclaire

et nos bouches pour chanter

Recevons de lui la grâce, la miséricorde et la paix.

 

Esaïe 43.16-21

16Ainsi parle le SEIGNEUR, qui trace une route dans la mer et un sentier dans les eaux puissantes

18Ne vous rappelez pas le passé,et ne considérez plus ce qui est ancien.19Je fais du nouveau,dès maintenant cela germe ;ne le savez-vous pas ?Je mettrai un chemin dans le désert et des fleuves dans la terre aride. (...)

je mets de l’eau dans le désert, des fleuves dans la terre aride,pour faire boire mon peuple.

SILENCE

 

LECTEUR

Éternel, nous te rendons hommage car tu es pour toujours, 
notre Dieu, de génération en génération,
tu es le rocher de nos vies, le bouclier de notre salut.

C’est toi que, depuis toujours, nous remercions,
pour notre vie qui vient de toi et que tu bénis,
pour nos âmes qui te sont confiées et que tu gardes,
pour tes miracles de tous les jours envers nous.

À toute heure, le soir, le matin et à midi,
Dieu de bonté, ta miséricorde ne s’achève pas.

AMEN

 

CHANT PIANO

_Aurore_ de Gabriel Fauré : -3’

 

LECTEUR PRIÈRE D'ILLUMINATION

Ô Eternel, au moment où nous allons méditer les Ecritures, que ton Esprit nous vienne en aide. AMEN

 

 

 

 

 

LECTEUR

LECTURE BIBLIQUE

Luc 18, 1-8

Il leur disait une parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier, sans se lasser. Il dit: Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et qui n'avait d'égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire : « Rends-moi justice contre mon adversaire!»

Pendant longtemps il ne voulut pas. Mais ensuite il se dit : «Bien que je ne craigne pas Dieu et que je n'aie d'égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m'importune, je vais lui rendre justice, de peur que jusqu'à la fin elle ne vienne me casser la tête.» Le Seigneur ajouta: Entendez ce que dit le juge injuste.Et Dieu ne ferait pas justice à ceux qu'il a choisis, alors qu'ils crient vers lui jour et nuit ? Il les ferait attendre ? Je vous le dis, il leur fera justice bien vite. Mais quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

 

CHANT DU 61/ 1, 2, 3, 4, 6 (INCONNU JOUER LA MÉLODIE AVANT)

 

 

 

 

 

 

 

 

PRÉDICATION

 

Avant d'entrer dans ce récit, rappelons quelques informations à propos des veuves:

 

Ce mot en français vient du latin viduus (« vide »), en grec ce mot vient de «béance» et en hébreu il vient de «deuil». Luc, notre auteur du jour, dans son évangile, met particulièrement en valeur des veuves, qui, si elles ont la Torah pour les défendre, ne trouvent pas forcément des gens pour faire appliquer les règles.

 

Outre notre veuve du jour, Luc est le seul à parler de la prophétesse Anne. Âgée de 84 ans, veuve depuis longtemps (Luc 2, 36-39), elle accueille Jésus et ses parents au Temple de Jérusalem. Ce sera la première à parler de Jésus.

Luc est aussi le seul à raconter l’histoire de la veuve de la ville de Naïn. Une femme qui s’apprête à enterrer son fils unique, quelqu'un dont la situation émeut Jésus profondément (Luc 7, 11-17). Rappelons enfin que le sort des veuves doit considéré avec d'autres catégories de personnes, qui elles aussi, ont la torah pour elles. Comme le rappelle Zacharie (7, 10) : « La veuve et l’orphelin, l’émigré et le pauvre, ne les exploite pas. »

 

Ce point précisé, nous pouvons regarder notre récit du jour.

Nous évoquerons d'abord son style d'argumentation.

Nous évoquerons quelques points qui pourraient être gênants.

Puis, nous découvrirons dans ce texte comment brutalement, il remet tout à plat.

Et enfin, nous prendrons une autre perspective pour le comprendre.

 

 

Argumentation.

Nous trouvons ici un argument dit « a fortiori ».

L'argument a fortiori présente une implication qui n'est pas une équivalence. Exemple trivial et un peu masculiniste : Ne t'inquiète pas, j'ai déjà réparé des pneus de poids lourds, a fortiori celui de ta fiat 500 ne me posera pas de problème.

 

Implication : j'ai déjà réparé plus difficile, donc je peux réparer plus facile.

 

Pas d'équivalence: un pneu de poids lourd n'est pas équivalent à celui d'une Fiat 500. Et encore, on peut dire que dans cet exemple nous trouvons le même concept qui fait liaison : le "pneu".

Mais ce type d'argument peut dériver davantage, et pousser la non équivalence vers des extrémitiés, comme par exemple dans notre texte... D'un côté il y a un juge, et de l'autre côté il y a "Dieu".

 

Ce juge sans foi ni empathie arrive à rendre la justice en faveur de cette veuve insistante ; a fortiori Dieu (qui n’est donc pas l’équivalent d’un juge humain sans cœur), rendra la justice à tous ceux qui le supplient.

 

D'abord, disons qu'un esprit critique n'est pas prêt à admettre ce type d'argument en général - ne m'en voulez-pas et ne réduisez pas cette prédication à cette histoire- mais ce n'est pas parce que je sais réparer un pneu de poids lourds que forcément je sais réparer un pneu de fiat 500. C'est certes probable, mais pas certain. Tous les arguments a fortiori devraient contenir ce doute. " Il a géré une très grande entreprise, a fortiori un ministère..."

Abordons maintenant les deux éléments gênants de ce texte. Le premier, c'est la comparaison entre ce juge et Dieu et ce, même si on comprend bien qu’ils ne sont pas équivalents puisque le premier est mauvais et le second est bon. Mais à la fin, ce qui reste, c’est le rapprochement. Le rapprochement entre deux entités qui n'ont rien à voir. Il demeure, après lecture, une image rémanente, celle d’un Dieu juge.

Dans ce cas, l’argumentation a fortiori ne semble pas très convaincante et l’effet escompté semble ne pas se produire. J’en appelle à votre réflexion : un argument pareil vous aurait-il convaincus ?

 

Le second élément peut-être encore plus gênant est ce morceau de phrase : « Et Dieu ne ferait pas justice à ceux qu’il a choisis ? »

"À ceux qu’il a choisis ?"

En restant dans la comparaison entre ce juge et Dieu, on pourrait dire qu’au moins ce juge, n’a pas choisi cette veuve.

En revanche, nous lisons bien que Dieu, lui, choisit.

Que dirait-on d’un juge humain qui choisirait ceux à qui il rend justice ?

On dirait de lui... qu’il n’est pas juste !

 

Bien entendu, il s’agit- là d’un thème connu, qui s’appelle l’élection. Pour les protestants, cela évoque la fameuse double prédestination calvinienne, qui pour beaucoup, y compris Calvin qui ne l’a jamais prêchée publiquement, reste gênante. Mais au risque de provoquer un peu, on pourrait aussi penser que, peut-être, que la Bonne Nouvelle n’a finalement pas à ménager. À ménager notre façon de toujours bien ranger notre maison théologique avec un Dieu toujours bien à sa place.

 

Ne pourrait-on pas, ne serait-ce qu'envisager, que la bonne nouvelle puisse être gênante? Pourquoi, au fond, Dieu ne choisirait-il pas ceux qu’il veut sauver ?

Qui sommes-nous justement pour juger à sa place?

Que savons-nous de Dieu?

 

Peut-être que tous les théologiens en herbe, confirmés ou amateurs, avant d'affirmer ce que Dieu pense ou ce que Dieu fait ou dit, devraient d'abord réfléchir au niveau d'honneteté intellectuelle avec lequel ils veulent procéder. Ils devraient déjà ne pas oublier la précaution élémentaire qui consiste à dire, par exemple, que dans un texte biblique il est raconté que Dieu dit, ou fait cela, et non pas directement dire "Dieu dit ou fait cela" . Ensuite, si le ton en vient au témoignage, l'exégète honnête éventuellement peut prolonger par "en fonction de ce texte, moi, je pense ça". Par exemple :

Je pense et même je crois que Dieu t'aime...mais je serai en somme bien incapable de l'affirmer, ou de le taguer sur des murs ou de l'imprimer sur des flyers.

 

Après avoir traité les aspects sans doute gênants de ce récit, regardons maintenant ce qui va tout remettre à plat. La question finale va répousser bien loin toutes les ratio-cinations du type de celles qui viennent d’être évoquées.

Cette question est :

« Mais quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

 

Le problème n'est donc plus la possibilité de justice, ni à qui elle s’adresse ni même les moyens pour la faire advenir, mais simplement : y aura-t-il encore quelqu’un pour exiger cette justice ? Cette question, bien que rhétorique dans notre texte du jour et sans doute destinée à réveiller les lecteurs sur le lien qu’ils font ou devraient faire entre leur foi (évoquée dans cette question) et la nécessité de justice (qui est le thème majeur du texte), cette question vient aussi nous chercher dans l'inclination que nous aurions, peut-être, nous aussi, à abdiquer.

 

Trop d’injustices, à quoi bon lutter ?

 

Le monde est finalement ainsi. Renoncer. Ce serait une façon de nous adapter à ce monde-là. Le monde que trouvera peut-être le Fils de l’homme quand il reviendra. Le monde qui commence à ressembler beaucoup à celui dans lequel nous sommes.

 

Jésus on le sait a raconté des paraboles, à des gens qui étaient autour de lui.

Une transmission orale a permis que ses paraboles lui survivent.

Puis, 50 ans après, des évangélistes, Mtt Mc Luc et dans une moindre mesure Jean ont couché ces paraboles dans leurs oeuvres mais en ont toujours placé dans un contexte. Et souvent, ce contexte, qui précède ou qui suit, d'une certaine manière indique la voix à suivre pour interpréter la parabole. Comme ici, quand Luc dit

"Il leur disait une parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier, sans se lasser"

Notez la nuance, Luc n'écrit pas: Il leur disait une parabole, en leur expliquant qu'il faut toujours prier, sans se lasser.

 

Pour résoudre tous les problèmes que pourrait poser cette parabole enchâssée dans une gangue littéraire, nous pourrions aussi décider de ne garder que l’histoire «fictive».

Cette parabole isolée de son contexte commence donc par: « Il y avait dans une ville » et se termine par « de peur que jusqu’à la fin elle ne vienne me casser la tête » (au passage, et pour nous amuser, cette expression en grec désigne ce qui est au-dessous des yeux et évoque presque de façon évidente un « œil au beurre noir »).

 

Dans cette parabole purifiée, nous ne saurions plus d’avance qui est Dieu ou l’humain. Nous verrions donc en cette femme une insistante, une militante, une effrontée, une sauvage, une persistante, une jusqu’au-boutiste, une courageuse. Et nous la verrions se confronter à un homme cynique qui finirait par craquer.

 

Nous préférerions peut-être alors nous imaginer Dieu dans la prière de cette veuve, tentant, sans relâche, d’atteindre cet humain cynique pour qu’il fasse enfin justice. Parce qu'il le peut. Par son pouvoir. Là où il est.

À vous de juger !

 

SILENCE

 

COR PIANO

- _Rêveries_ op. 24 de Glazunov- 2’30"

 

 

 

 

LECTEUR CONFESSION DE FOI

Nous ne sommes pas seuls,

nous vivons dans le monde créé par Dieu

Nous croyons qu’il fait le monde pour le bonheur et pour la vie ; malgré les révoltes de notre raison et les limites de notre cœur, Nous croyons en Dieu.

Nous croyons qu’il travaille en nous par son Esprit pour nous apporter la réconciliation et le renouveau, Nous avons confiance en lui.

Il nous appelle à nous assembler :

pour célébrer sa présence, pour aimer et servir les autres, pour rechercher ce qui est juste et résister au mal.

Nous proclamons le Règne de Dieu,

Dans la vie, dans la mort, dans la vie après la mort, il est avec nous. Nous ne sommes pas seuls.

Nous croyons en Dieu AMEN

 

COR PIANO

- _Andante_, extrait de la 5e symphonie de Félix Mendelssohn - 3’

 

ANNONCES ET OFFRANDE (CONSEILLER)

 

CHANT PIANO

- _Come away, death_ de Quilter - 3’

SILENCE

 

LECTEUR PRIÈRE D'INTERCESSION

Dieu de la promesse et de l’envoi,

Tu connais les difficultés de nos vies,

Nos déceptions et nos échecs

Nos peurs et nos frilosités.

Quand l’immobilisme et l’enlisement nous guettent,

Que ta parole éveille en nous le goût de nouveaux départs

et qu’elle éclaire notre chemin.

Donne-nous le courage d’aller de l’avant avec humilité,

Accueillant les surprises du chemin

Ouverts à l’inattendu des rencontres,

Assurés de ta bienveillance

Et confiants dans tes bénédictions. NOTRE PÈRE

 

 

CHANT ÉVENTUEL que le pasteur annoncera si l'ambiance musicale s'y prête:

21-07 str. 2,3, 4, 5

 

EXHORTATION

1 Thessaloniciens 5

5 car vous êtes tous fils de la lumière et fils du jour. Nous n'appartenons pas à la nuit ni aux ténèbres. 6 Ainsi donc, ne dormons pas comme les autres, mais veillons

Corinthiens 13.11-13 11Au reste, mes frères, réjouissez-vous, tendez à l’épanouissement, encouragez-vous, soyez bien d’accord, vivez en paix, et le Dieu de l’amour et de la paix sera avec vous. 12Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Tous les saints vous saluent. 13Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit saint soient avec vous tous !

 

BÉNÉDICTION

Le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps, de toute manière. Le Seigneur est avec vous tous.

 

 

CHANT PIANO

- _Les roses d’Ispahan_ de Fauré 3’

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