Etes-vous satisfait de votre vie ?

Prédication du 22 avril 2018



Photo Christiane Lombard

Jean 6.58 et 60-68

58 C’est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n’en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts : celui qui mange ce pain vivra éternellement (...)

60 ¶ Plusieurs de ses disciples, après l’avoir entendu, dirent : Cette parole est dure ; qui peut l’écouter ?

61 Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : Cela vous scandalise-t-il ?

62 Et si vous voyez le Fils de l’homme monter où il était auparavant ? … 

63 C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.

64 Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.

65 Et il ajouta : C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père.

66 Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui.

67 Jésus donc dit aux douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ?

68 Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

PREDICATION.

Si l'espèce humaine et les sociétés qu'elle fabrique étaient constituées pour le bonheur de chacun, on pourrait imaginer de rendre vers l'âge de 30 ans un test obligatoire.

A ceux qui penseraient que je suis au milieu de vacances et que cet inattendu soleil m'aurait tapé trop fort sur la tête, pour imaginer de commencer ainsi une prédication, je répondrai que naguère la société imposait par exemple, à chaque personne mâle d'aller faire un service militaire d'un an, et en temps de guerre, d'aller courir le risque de se faire tuer ou de tuer. Reconnaissez donc que le principe d'imposer à toute une classe d'âge une obligation générale n'est pas si fou que ça. D'autant plus que semble-t-il, c'est en train de revenir d'actualité. Mais c'est souvent en exprimant un élément du réel d'une autre façon, que l'on se rend compte combien cet élément est surprenant.

Revenons à notre test imaginaire.

Pourquoi 30 ans d'abord ? Sans doute parce que l'on considère généralement qu'à cet âge là, tout est encore possible.

De quoi serait fait cet examen ? D'une seule question.

Etes-vous satisfait de votre vie ?

Si à cette question, la réponse est oui, les personnes testées pourraient tranquillement poursuivre leur vie de la même façon , et si la réponse est non, cette société passablement bureaucratique et fort heureusement sans doute utopique inviterait les personnes testées, en leur en donnant les moyens, à changer, ... , de lieu, d'environnement humain, de formation , de religion, de nationalité, de nom, de famille, de genre, de métier selon la source relevée d'insatisfaction. Sans que nulle opprobre nulle , misère ne s'abatte, sans qu'une amère sensation de défaite ne s'abatte .

Nul doute que, chacun sachant que cette question irait un jour lui être posée, , se débrouillerait en amont pour que la vie qu'il entame, le métier qu'il choisit, les gens desquels ils s'entourent soient en accord avec ses aspirations profondes, sans doute aussi que collectivement tous ces chacuns s'organiseraient pour que cela soit collectivement possible.

Disons que toute la société, l'éducation, serait orientée pour que personne ne fasse pas l'impasse sur ce qu'il souhaite que devienne sa vie.

Nous sommes, chers amis, très loin de cette utopie, car la société telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, ne nous pousse , au mieux, qu'à valoriser notre capacité de production de richesses (que celles ci soient matérielles, ou intellectuelles ou en force de travail). Nous sommes réellement invités à devenir des éléments dans un système marchand, et au mieux, si nous avons été favorisés d'une quelconque manière, nous pouvons entendre cette petite musique nous inspirant l'idée que le meilleur moyen de nous en sortir est de tirer notre épingle du jeu, d'une quelconque manière, y compris parfaitement respectable. 

- Et vous, dit Jésus, vous ne voulez pas partir ?

- A qui irions nous, tu as les paroles de la vie éternelle.

Les disciples de Jésus, à ce moment là, ont passé cet examen, cet examen dont je vous parle. Et ils n'ont pas voulu changer. En fait, pour être précis, c'est la seconde fois qu'il le passe, cet examen. Cette question, leur a été une première fois posée - o certes pas littéralement, quand un jour, celui qu'il n'appelait pas encore le Christ est venu vers eux et les a prié de le suivre - ils ont contemplé leur vie, leur métier, leur famille, et ils ont tout quitté, pour suivre Jésus.

Et là, ils ont une seconde chance, pourrions nous dire.

-Et vous, vous ne voulez pas partir ?

Et finalement, ils restent, ou plutôt, ils continuent.

-Ce que je veux vous dire ce matin, ce que ce récit m'a inspiré pour ce matin, ce petit matin de milieu de vacances ensoleillées, un petit matin dont je pensais à tort ou à raison qu'il n'allait pas être un petit matin nombreux, dans cette sorte de pause avant le bruit et la fureur d'une fin d'année, où nous allons rentrer dans une certaine programmation, ce que je voulais transmettre ce matin c'est que :

D'abord que cette société ne nous fera jamais passer cet examen qui nous demanderait si notre vie vous plait, ne nous orientera jamais vers le bonheur. Si nous n'en avons pas eu la prescience, nous considérerons au fond, que nous avons pris la vie qu'on nous a donné, que nous avons mis le vêtement disponible, exercé le métier qui nous a été proposé, dans une palette plus ou moins grande. Certes, notre sensation d'avoir eu le choix est plus ou moins forte, mais en réalité, en grande partie, c'est une grande nécessité qui nous a fait faire ce que nous faisons , qui a fait de nous ce que nous sommes.

Mais si nous sommes dans ce temple, c'est parce au delà de notre condition naturelle d'humain social, et même si nous avons visiblement plus de trente ans, une question nous est toujours posée:

- et vous, vous ne voulez pas partir ?

- à qui irions nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

La vie éternelle, pour celui qui a écrit l'évangile de Jean, ce n'est pas la vie après la mort, c'est une autre notion. C'est la vie de plénitude, reçue immédiatement par la grâce de Dieu quand nous avons ouvert notre coeur.

Grâce à ce Dieu de grâce, notre existence même devient différente. Ce que à quoi cette société est incapable de nous inviter, la vie en Dieu nous le propose.

A l'aune de cette vie de plénitude qui vous est donnée en Dieu, cette vie éternelle, peut-être que le hiatus, le désaccord se révélera trop profond avec notre existence actuelle, et beaucoup, en effet, en arrivent effectivement à changer radicalement de vie.

Mais plus généralement et heureusement pour la paix sociale et des ménages et des entreprises, le bonheur d'avoir accès à cette vie de plénitude, cette vie éternelle en Dieu, va nous permettre simplement de regarder à nouveaux frais notre existence actuelle, et nous permettre d'en transformer certains éléments, ou progressivement, de la faire évoluer. Nous regarderons notre métier, nos amis, nos relations, différemment, et nous ferons sans doute des accommodements, des changements, mais rien ne sera plus considéré comme une contrainte, dans cette proposition de vie éternelle.

Tout chemin qu'on t'impose peut devenir le sien, dit de façon étonnante, un de nos plus célèbre cantique. [jeu d''orgue] 47/04 

Grâce à cette proposition de vie de éternelle, nous cessons d'être les esclaves de notre propre existence, ou, des esclaves sociaux, des esclaves de nos habitudes, ou les esclaves de ce qu'un jour nous aurions- à tort ou à raison, appelé nos choix.

N'est ce pas là le principe biblique majeur ? La fin de l'esclavage ?

- Et vous, dit Jésus à ses disciples, leur faisant passer cet examen ? Vous ne voulez pas partir ?

- A qui irions nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle . AMEN

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