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Les protestants des 13e et 5e arrondissements de Paris. Temple de Port Royal & Maison Fraternelle


Inutile de nous voiler la face, nous sommes déjà aveugles

DIMANCHE 22 MARS 2020



Hannah Höch, Ange gardien, 1927–1928  Collage sur carton • 25,4 × 24,4 cm • Berlinische Galerie, Berlin • © Akg-images
Hannah Höch, Ange gardien, 1927–1928 Collage sur carton • 25,4 × 24,4 cm • Berlinische Galerie, Berlin • © Akg-images
JEAN 9, 1- 41

Les textes bibliques sont des enfants qui meurent s'ils ne sont pas embrassés. Non seulement pour exister ils doivent être regardés, mais aussi être entourés, aimés. Entourés de notre contexte- c'est-à dire de notre chair, de notre responsabilité, de notre vie même - au bout d'un certain temps, ils se mettent à parfois sourire, en tous les cas à signifier, voire parler.

Voici donc un texte qui vient rencontrer notre contexte. Voici donc un humain,  car il s'agit bien d'un humain et pas simplement d'un homme.  Son existence d'humain n'est qu'une épreuve. Car, depuis son origine, il ne voit rien.
Est ce sa faute, n'est-ce pas sa faute ? On n'en sait rien.  Tout ce qu'on sait, c'est que s'il se met à voir (et non pas à re voir, la différence est essentielle: il n'y a pas eu de période originellement heureuse. Ça n'a jamais été mieux, avant, pour cet humain), la gloire de Dieu sera manifestée.

Pour qu'il voie, Jésus enfreint toutes les consignes sanitaires. Il crache, mélange sa salive avec de la terre, et lui enduit les yeux avec.
Et il voit.

Nos yeux, si cette épreuve finit un jour - mais qui en tous les cas ne nous ramènera JAMAIS à un avant qui aurait été mieux - puisque nous y étions aveugles - s'ouvriront peut-être.

En tous les cas, nous sommes encore des aveugles de naissance.
Et notre péché - qui est lourd, qui est extrême, qui est abominable- demeure.

Inutile de nous voiler la face, nous n'y voyons  encore rien.
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