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Les protestants des 13e et 5e arrondissements de Paris. Temple de Port Royal & Maison Fraternelle

" POUR LUI, TOUS SONT VIVANTS"

Prédication par Robert Philipoussi, 6 novembre 2022



Textes liturgie et prédication

Photo R.Philipoussi, exposition de septembre à la Maison Fraternelle
Photo R.Philipoussi, exposition de septembre à la Maison Fraternelle
predication_6_novembre_2022.mp3 PRÉDICATION 6 NOVEMBRE 2022.mp3  (39.37 Mo)

MUSIQUE

David Maslanka

Sonate pour Saxophone alto et Piano

Le début du 1er mt [2'30"]

 

SALUTATION

Bienvenus au culte. Que ce moment de communion avec frères et soeurs et en présence du Seigneur devienne pour chacun de vous une heureuse façon de commencer votre semaine.

SILENCE

 

LOUANGE

Psaume 33 extraits

La louange convient aux gens droits.

2 Célébrez le Seigneur avec la lyre,

jouez pour lui du luth à dix cordes.

3 Chantez pour lui un chant nouveau !

Jouez bien de vos instruments pour l’acclamation.

4 Car la parole du Seigneur est droite ;

toute son œuvre s’accomplit avec constance.

5 Il aime la justice et l’équité

 

 

MUSIQUE

J S Bach

Partita pour flûte seule bwv 1013

Allemande [3'30"]

 

 

LECTEUR PRIÈRE D'ILLUMINATION

Seigneur, donne-nous ton Esprit.

Pour que nous sachions

où aller quand nos chemins se perdent,

que faire quand notre avenir est incertain,

que pouvoir quand nous sommes au bout de nos forces

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LECTEUR

Luc 20. 27–38

27 Quelques-uns des sadducéens, qui soutiennent qu'il n'y a pas de résurrection, vinrent l'interroger : 28Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit : Si quelqu'un meurt, ayant une femme, mais pas d'enfant, son frère prendra la femme et suscitera une descendance au défunt. 29Il y avait donc sept frères. Le premier prit femme et mourut sans enfant. 30Le deuxième, 31puis le troisième prirent la femme ; il en fut ainsi des sept, qui moururent sans laisser d'enfants. 32Après, la femme mourut aussi. 33A la résurrection, duquel est-elle donc la femme ? Car les sept l'ont eue pour femme !

34 Jésus leur répondit : Dans ce monde-ci, hommes et femmes se marient, 35mais ceux qui ont été jugés dignes d'accéder à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari. 36Ils ne peuvent pas non plus mourir, parce qu'ils sont semblables à des anges et qu'ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. 37Que les morts se réveillent, c'est ce que Moïse a signalé à propos du buisson, quand il appelle le Seigneur Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac et Dieu de Jacob. 38Or il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous sont vivants.

 

CHANT DU 138 STR.1, 2, 3 PAGE 154

 

 

PRÉDICATION

 

Que les morts se réveillent, c'est ce que Moïse a signalé à propos du buisson, quand il appelle le Seigneur Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac et Dieu de Jacob,

La seconde partie de la réponse de Jésus aux sadducéens.

 

Quand on la pose devant nos yeux et qu'on la regarde, cette expression, venue de la tradition juive:

le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob", est limpide. Comme est limpide la réponse de Jésus .

 

Comment Dieu pourrait-il être le Dieu des morts? Ou comment ces ancêtres, ces patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, assemblés dans cette expression qui révèle qui est leur Dieu, pourraient-ils être morts? Puisqu'ils sont encore liés à Dieu, puisque Dieu est encore leur Dieu dans l'actualité même de cette expression. S'ils étaient morts, ils n'existeraient plus,- c'est la croyance des sadducéens- mais même Dieu ne peut pas être le Dieu de ce qui n'existe plus.

 

Il est probable que les sadducéens, maîtres du Temple, fins connaisseurs de la Bible écrite (contrairement aux pharisiens qui se référaient à la loi orale, transmise indépendamment à Moïse) et amateurs de controverses, connaissaient et employaient cette expression, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, mais pour eux, comme d'ailleurs pour nous tous, cette expression est un marqueur de l'origine du peuple, une référence et une révérence aux grands ancêtres; un peu comme nous, qui révérons des morts dans notre si mal et outrageusement nommé "panthéon", tout en sachant qu'ils sont morts, bien que, pour les moins oubliés d'entre eux, nous pourrions en aimer l'héritage.

Or Jésus, que fait-il à ce moment-là? Face à ces sadducéens fidèles à leurs écrits qui ne mentionnent nulle part la résurrection, et qui lui ont jeté à la figure comme un piège cette histoire rocambolesque d'une veuve en série?

D'abord, il tente de tuer le jeu comme on dit, en évoquant qu'après la mort, il n'est plus question de femme et de mari. Une façon déjà de leur dire que leur histoire n'a aucun interêt. D'où tient il ce savoir? Sans doute de traditions orales déjà en place qui décrivent un "monde futur" délivré des besoins organiques, auxquels seraient assimilée la nécessité de prendre mari ou femme.

 

Ainsi l’amora (au pluriels amaoraim, désignent un rabbindocteur du Talmud babylonien Rab (220-250) affirmera dans le Talmud au début du 3 siècle:

Il ne (sera) pas comme le monde présent, le monde futur! Le monde futur, il n’y aura en lui ni nourriture, ni boisson, ni sexualité, ni commerce, ni jalousie, ni haine, ni dispute, mais les justes (seront) assis, leurs couronnes sur leurs têtes et ils se nourriront de l’éclat de la Shekhina (qui signifie présence divine), ainsi qu’il est dit: ‘Ils virent Dieu, ils mangèrent et ils burent’ (Ex 24,11)

Jésus répond ici comme un des premiers rabbins du Talmud, et tout en défendant le principe pharisien, et ensuite talmudique, du "monde futur" et donc de la résurrection des morts, il affirme déjà que ce monde futur n'aura rien à voir avec ce monde-ci et non plus avec cette sombre histoire que les sadducéens ont raconté pour le piéger.

 

Ce qu'on doit savoir aussi, c'est une fil narratif tendu tout le long des évangiles, c'est que Jésus, dans ces controverses, est toujours en danger de mort. Ce qui s'apparente à des discussions de rabbins, pour lui, ce sont des menaces. Jésus ne peut pas esquiver doit répondre, à cause de la responsabilité intime liée à sa vocation mais aussi, pour ne pas être faible vis à vis de ceux et celles qui espèrent en lui. Mais s'il doit répondre, il doit aussi, rester libre, c'est à dire continuer de n'appartenir à aucun des clans en présence, y compris ceux des pharisiens et des sadducéens et d'autres qui se livrent à une bataille d'influence.

 

Cependant, il est bien certain que s'il s'était arrêté là - que les morts ne se marient pas- la réponse n'aurait pas été satisfaisante. Mais ne l'avons-nous pas tous fait, face à une question abrupte, de répondre quelque chose qui nous vient à l'esprit, pendant qu'on réfléchit à ce qui va être beaucoup plus pertinent?

Et la seconde partie de sa réponse, quand on la pose devant nos yeux est non seulement pertinente, mais éblouissante, et totalement novatrice.

Que les morts se réveillent, c'est ce que Moïse a signalé à propos du buisson, quand il appelle le Seigneur Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac et Dieu de Jacob. Or il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants; car pour lui tous sont vivants

Que fait Jésus à propos de la thématique de la résurrection ? Hé bien, comme je l'ai suggéré dans mon avant propos, il réveille, il ressuscite une expression morte: Le Dieu d'Abraham d'Isaac et de Jacob.

Jésus avait peut-être la passion " du verbe augmenté", il ne change rien à la lettre des choses, mais invente un monde nouveau.

Cette expression, il la rend incandescente comme le buisson ardent de Moïse quand celui-ci, pour la première fois selon le livre de l'exode, a entendu, cette expression pour la première fois.

Ce n'est plus une expression mémorielle, c'est une confession de foi dans la vie plus forte que la mort. Adressée à tous les endeuillés que nous sommes. La vie non seulement plus forte que la mort mais qui l'englobe. La mort nous apparait mystérieuse et effrayante, alors que la vie l'est infiniment plus. Et l'effroi éventuel ici serait celui de rencontrer le sacré. Mai

Pour lui, pour Dieu, tous sont vivants.

 

Si je devais, en termes de confession de foi, dire quelque chose de ma confiance en Jésus, je dirais que son regard est celui de Dieu porté sur notre monde. Que Jésus nous permet et nous autorise à voir le monde comme le voit Dieu, qui le voit sans toutes les frontières artificielles que l'esprit humain a inventé et disséminé partout, pour tout séparer, presque fanatiquement.

Quand Jésus dit " pour lui, pour Dieu tous sont vivants", il permet que nous regardions ce monde comme Dieu le regarde. Un bref instant. Un bref instant dans la Shekhina.

 

Nul doute que les sadducéens sont restés sans voix face à une telle effronterie qui consistait à prendre cette expression traditionnelle au pied le plus ultime de sa lettre. Mais les pharisiens, qui croient eux à la résurrection des morts, auraient pu aussi être outrés de cette liberté que Jésus prend, en n'entrant pas dans les considérations tellement inutiles et qui ont perduré si longtemps sur le pourquoi, le comment, le corps, l'âme etc.., le quand et sur le pour qui, de la résurrection .

Surtout que Jésus sait bien que tous les pouvoirs, quels qu'ils soient prospèrent grâce à la menace, directe ou indirecte, de la mort.

 

Jésus les prend tous de haut. Pour lui, tous sont vivants.

 

En épilogue de cette prédication, je ne peux que modestement vous inviter à projeter le regard de Dieu sur le monde, à faire comme Jésus, pratique le verbe augmenté, je ne peux que vous inviter à évangéliser les frontières, je ne peux que modestement vous inviter à changer le monde et à hâter le règne de Dieu.

 

Je préfère maintenant rester dans l'admiration de Jésus et de sa façon de tenir tête, quand il sublime des formules anciennes.

Je vais donc simplement en conclusion vous lire une prière que j'ai composé il y a bien longtemps au début de mon ministère et qui est pour moi, une aide dans l'inspiration.

 

Seigneur, souffle sur les pages de notre Bible et retourne les dans tous les sens pour que des mots anciens reprennent vie et que dans notre vie des pages se tournent."

 

AMEN

SILENCE

MUSIQUE

Jeanine Rueff

Concertino pour Saxophone alto et Orchestre de chambre

Un extrait du 1er mt [2']

 

LECTEUR CONFESSION DE FOI

Eclairés et rassemblés par la Parole de Dieu, nous affirmons notre foi : Le Seigneur est mon berger. Rien ne me manque. En lui j’ai mon repos et ma justice puisqu’il m’aime, Même au fort de l’obscurité, je ne crains rien. Le Seigneur se tient près de moi et me console. Amen

CHANT DU 61-85 p.964

ANNONCES ET OFFRANDE

Seigneur, tu m’offres un jour nouveau. Que ce jour soit bon pour moi et pour les autres ; que je l’emplisse d’amour ; que j’y mette la bonne volonté, la douceur et le pardon des offenses ; que j’y mette de l’oubli de moi et du souci des autres ; que j’y mette de la prière, de la foi et de la persévérance ; que je ne garde pour moi que la joie que tu me donnes.

LECTEUR PRIÈRE D'INTERCESSION

Ô Dieu, nous ne pouvons pas vraiment te prier pour que cesse la guerre, car nous savons que tu as fait le monde de telle façon que l’Homme doit trouver le chemin de la paix, tant en lui-même qu’avec son voisin.

Ô Dieu, nous ne pouvons pas vraiment te prier pour que cesse la famine, car tu nous as donné bien assez de ressources pour nourrir le monde entier, si seulement nous les utilisons avec sagesse.

Ô Dieu, nous ne pouvons pas vraiment te prier d’éradiquer l’injustice car tu nous as donné des yeux capables de voir le bien en chaque créature, si seulement nous les utilisons avec sagesse.

Nous ne pouvons pas vraiment te prier, ô Dieu, de faire cesser le désespoir, car tu nous as déjà donné le pouvoir de transformer les taudis et de semer l’espérance, si seulement nous l’utilisons avec sagesse.

Nous ne pouvons pas vraiment te prier, ô Dieu, de faire cesser les maladies, car tu nous as déjà donné une intelligence capable d’imaginer des traitements et de créer les médicaments si seulement nous l’utilisons avec sagesse.

C’est pourquoi, ô Dieu, nous te prions plutôt de nous donner force, détermination et courage,

D’agir, de ne pas simplement prier,

Et être, plutôt que simplement espérer.

NOTRE PÈRE

ACTION DE GRÂCE 

À toute heure, le soir, le matin et à midi,
Dieu de bonté, ta miséricorde ne s’achève pas.

Père éternel, tes grâces ne tarissent jamais,
Depuis toujours nous espérons en toi.

BÉNÉDICTION 

Le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps, de toute manière. 
Le Seigneur est avec vous tous.

MUSIQUE Milhaud

Scaramouche, suite pour Saxophone alto et orchestre

3e mt : Brazileira [2']

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